L’hygiène dentaire

Brossage : mode d’emploi

Même si cela peut paraître enfantin, il convient de se brosser les dents, la gencive et la langue, deux ou trois fois par jour pendant deux à trois minutes. La fréquence du brossage est plus importante que la durée, car on peut mal se brosser pendant trois minutes. Le mouvement à adopter est un balayage du poignet de la gencive vers la dent, et c’est la répétition de ce mouvement (cinq fois par dent environ) qui  réalise le brossage. Le mieux est de positionner la brosse à 45° entre la dent et la gencive, et de faire un mouvement du poignet vers la dent. Sans oublier les faces intérieures et les faces servant à la mastication. Tout mouvement horizontal est à proscrire car il agresse la gencive qui finit par se rétracter.

Lorsque les espaces entre les dents sont grands, des brossettes inter-dentaires ou des appareils à jet doivent être utilisés en complément pour éliminer des résidus bactériens et alimentaires.

Un conseil : brosser les dents après chaque repas pendant 3 minutes. Si vous êtes dans l’impossibilité de vous brosser les dents, pensez à boire un verre d’eau en fin de repas pour décoller le maximum de dépôts alimentaires, et mâchez un chewing-gum sans sucre au xylitol: cela vous fera au moins saliver abondamment (pour diminuer l'acidité buccale) en attendant le prochain brossage mécanique.

Comment choisir sa brosse à dents ?

La brosse à dents doit être souple et en nylon pour ne pas irriter la gencive. Une petite tête est préférable pour accéder à toutes les zones de la bouche. La brosse à dents électrique peut être avantageusement utilisée si vous n’êtes pas sûr de votre technique, ou si vous ne parvenez pas à modifier de mauvaises habitudes. Son atout est d’effectuer un mouvement adéquat de façon constante dans le temps, ce qui la rend plus efficace que la brosse manuelle.

Petit conseil quand votre brosse à dent sèche : le milieu humide favorise le développement des bactéries. Il est bon de la nettoyer avec une solution antiseptique (alcool ou autre). Sachez qu’une brosse usée n’est pas d’une grande efficacité, et doit être renouvelée fréquemment pour lui conserver un maximum de souplesse. Elle se remplace en général tous les 2-3 mois.

Dans tous les cas c’est l’action mécanique de la brosse qui est l’élément efficace.

Quels sont les autres instruments de l'hygiène bucco-dentaire ?

Il existe différents produits et accessoires :

-Le fil dentaire : il permet de nettoyer entre toutes les dents. Il existe aujourd'hui des fils dentaires cirés, moins agressifs pour la gencive.

-La brossette inter-dentaire : elle est indispensable en présence d'espace inter-dentaire important Les bactéries et les restes alimentaires y stagnent facilement.

-Les hydropulseurs : ils sont composés d'un récipient d'eau, d'une pompe électrique et d'un tuyau muni d'un embout buccal. La puissance du jet peut être réglée.

-Les révélateurs de plaque : ce sont des colorants vendus en pharmacie qui mettent en évidence la plaque dentaire. Il suffit alors de reprendre le brossage jusqu'à disparition de la couleur.

-Le gratte langue : il est peu connu et peu utilisé. Néanmoins, la langue est un véritable réservoir de bactéries,  souvent recouverte d'un dépôt blanchâtre responsable de la mauvaise haleine. A défaut, on peut utiliser sa brosse à dents.

Comment choisir son dentifrice et son bain de bouche ?

Il existe une multitude de dentifrices, car l’industrie pharmaceutique ne cesse de les perfectionner ou d’innover.  Il est préférable de se les procurer en pharmacie plutôt qu’en grande surface, car le principe actif est en général plus fortement dosé. On peut distinguer :

-Les « fluorés », considérés comme des médicaments, après la preuve de leur efficacité par une autorisation de mise sur le marché. Ils sont recommandables pour tous, grands et petits (« formule enfant »).

-Les « anti-plaque ou anti-bactérien », à base de chlorhexidine ou d’héxétidine (antiseptiques),  ou de Triclosan (antifongique et antibactérien).

-Les « consolidateurs  d’émail », à base de peroxyde de calcium pour reminéraliser l'émail.

-Les « dents sensibles » qui contiennent du fluorinol ou du perméthol qui se fixent à la surface des dents. Ils forment une couche protectrice qui inhibe la transmission nerveuse. Il est préférable de les utiliser le soir avant le coucher, pour que le principe actif puisse rester plus longtemps au contact des dents.

-Les « gencives sensibles » à base d’enoxolone (anti-inflammatoire), de bicarbonate de sodium et d’extraits de plantes.

-Les  « homéopathiques » aux plantes médicinales calmantes et adoucissantes, ou riches en tanins aux propriétés astringentes. Ils sont le plus souvent à base de chlorophylle, de citron ou d’anis, et peuvent également contenir du fluor.

-Les « blanchissants » à base de silice hydratée et de bicarbonate de sodium. Même s’ils sont  très tentants, ils n’ont aucune action sur le blanchiment des dents. Ils sont d’ailleurs très abrasifs et risquent d'accentuer l'usure des dents. Ce sont surtout des produits cosmétiques.

En ce qui concerne les bains de bouche, qui s’utilisent après brossage,  ils contiennent souvent un produit antibactérien à base de chlorhexidine ou d’héxétidine. Ces produits provoquent malheureusement des résistances bactériennes s’ils sont utilisés tous les jours. D’autres bains de bouche au fluor ou aux huiles essentielles  n’ont pas ce genre d’inconvénients, mais conservent une action contre les bactéries. Parmi les huiles essentielles, citons ceux contenant  du Calendula, de l'eucalyptol (tiré de l’eucalyptus), du thymol (tiré du thym) et du menthol (tiré de la menthe poivrée). Il est préférable d’utiliser ces bains de bouche en alternance : un bain de bouche anti-bactérien, une semaine par mois, et un bain de bouche aux huiles essentielles ou au fluor, le reste du temps en produit de confort.

Grossesse : anticipez les changements

La croyance populaire « un bébé une dent » n’est pas une fatalité. A partir du 70è jour de la grossesse, le placenta produit une grande variété d’hormones parmi lesquelles les oestrogènes et les progestérones. La sécrétion de ces hormones augmente pendant la grossesse, et ces bouleversements hormonaux ont des répercutions au niveau buccal. Les inflammations de la gencive (gingivites) sont en effet plus fréquentes chez la femme enceinte, et peuvent provoquer des douleurs ou des saignements. La première attitude est préventive par un passage chez le dentiste tous les 3 mois.

Si une gingivite apparaît tôt, le risque est important si elle n’est pas traitée. Les bactéries peuvent profiter de cette porte d’entrée pour migrer dans l’organisme, y compris dans l’utérus. Il existe alors un risque de naissance prématurée, voire même de pré-éclampsie. Rassurez-vous, c’est plutôt rare.

Un autre bouleversement chez la femme enceinte est son alimentation. Les envies sucrées sont plus fréquentes, et une recrudescence de caries est à craindre. Dans certains cas, les vomissements produisent également une acidité buccale néfaste pour les dents.

Les soins dentaires ne sont pas contre-indiqués durant cette période, car l’anesthésie locale et les radiographies sont sans danger. A l’heure actuelle, les cabinets utilisent des radiographies numériques, cent fois moins irradiantes que les radiographies conventionnelles, et bien moins qu’une semaine en plein soleil à la montagne ! De même, un tablier plombé est utilisé pendant la radiographie chez la femme enceinte.

En revanche, il est préférable de se limiter aux traitements des petites urgences. Si un travail plus important doit avoir lieu, il doit être repoussé après l’accouchement. La réalisation d’amalgame ainsi que leur dépose est déconseillée en raison du passage du mercure à travers la barrière placentaire (Conseil Supérieur d’Hygiène Publique de France). De même que chez les femmes allaitantes, par passage du mercure dans le lait vers le nourrisson. Il est de toute façon recommandé d’avoir systématiquement un avis gynécologique.

Un conseil : renforcez l’hygiène dentaire dès votre début de grossesse, et pratiquez un détartrage tous les 3 mois.